Si seulement c’était la première fois

By | 11 juillet 2018

Pour ceux qui ne le savent pas, mon métier consiste entre autres à recevoir des victimes. Des personnes. Du public quoi, des hommes, des femmes, des gens, des êtres vivants…. Avec son lot d’individus surprenants, touchants et …. le reste.

Hier, 2 entretiens m’ont particulièrement dérouté, et je dois dire qu’il m’en faut au bout de 16 années de bons (hmmm) et loyaux (re hmmm) services.

Le malaise que l’on n’aime pas identifier

Le dernier entretien m’a laissé un goût subtil d’amertume, celui dont tu sais que ce que tu viens de goûter est à vomir sans que tu n’en sois toutefois sur. L’individu en question était super tendu, il transpirait, un peu simple dans la formulation de ses phrases. Rien d’effrayant, mais je n’étais pas très à l’aise. Il est à noter qu’il faisait la chaleur d’un sauna suédois dans mon bureau et que je sors de quasiment 5 années sans nuit complète, alors mes ressentis, soyons clair, eux ne le sont pas toujours. Je laisse donc le quidam suintant quelques minutes le temps de faire des photocopies. Pour préciser un peu, il faut savoir que l’emplacement de mon bureau est tel que je fais face à la porte et que donc le public que je reçois y est dos et ne me voit donc pas revenir. Je ne sis pas un chat, aussi m’entend-on arriver. Sauf que là, le dégoulinant a sauté comme un cabri tout en essayant de remonter frénétiquement sa braguette. Alors soyons clair, je n’ai pas vu la bestiole. Il était peut-être juste entrain de s’exciter sur la fermeture qui refusait de reprendre la montée. Il tentait peut être uniquement de gagner un peu de sa dignité qui s’était envolée en même temps que son zip. Oui mais voilà, moi j’avais le malaise qui était présent, et la nausée qui s’invitait….

Il m’a tendu la main, j’ai serré la gauche tout en lui serrant la droite, il m’a souri tout en soupirant, j’ai retenu mon souffle, il m’a remerciée tout en partant tranquillement, je me suis barrée me désinfecter la mimine….

Il me tarde notre prochaine rencontre…

Un regard qu’il n’arrive pas à soutenir

Quant à mon premier rendez-vous, ce fut un grand classique. Un homme dans la cinquantaine qui me parle de son divorce. Vocifère sur la justice, sur sa femme, enfin la future ex qui n’en veut qu’à son argent, vous comprenez, je gagne bien ma vie. Beugle sur ses gosses qui prennent fait et cause pour leur mère. Crache sur les impôts qu’il doit payer… pendant 30 mn. Jusqu’à ce que je l’interrompe un peu trivialement :

– Monsieur ******, soit vous avez un sérieux problème de paupières qui tombent, soit vous avez les yeux rivés sur ma poitrine depuis le début de l’entretien et cela en devient gênant.

J’avoue, là, j’adore et surtout, je ne me gêne rarement : le pédant devient rouge tomate grillée sur une plage corse, bredouille, bafouille et me sort cette phrase mythique :

-euh …. je … non… je sais pas, je n’ai pas la paupière qui tombe je …

– Bien… cela fait donc une demie-heure qui vous regardez mes seins. Pour information, mes yeux sont situés au dessus.

Allez le relou, une deuxième couche pour la route !

Il a donc fini l’entretien à me regarder le front….

L’anatomie et certains hommes, ça fait 2 ….

2 thoughts on “Si seulement c’était la première fois

  1. Jeanne Ho

    euh… je suis sans voix… j’ai ri… parce que… je ne sais pas pourquoi… mais en réalité… ça m’énerve.

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    1. Stéphanie Post author

      et bien oui, en fait je suis dans le même état : au bout de tout ce temps, j’ai développé une certaine répartie qui à chaque fois me laisse un goût amer du fait de la réalité de l’expérience vécue.

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