Salut mon gros chien

By | 8 août 2018

Oui voilà… certains penseront que j’en fais trop, ce n’était qu’un chien après tout. Ce n’est pas si grave, toi tu savais à quel point tu comptais dans cette famille  si particulière qui était la tienne depuis près de 13 ans et demi. Et ce, dès le départ.

Une arrivée surprenante

Il y a 13 ans, j’étais au fond du gouffre pour une raison qui n’apparaîtra que 10 ans plus  tard. Nous étions encore 2, je ne dormais plus depuis des mois, j’étais abrutie de médicaments, nous étions dans un appartement. Les bases étaient posées. Ton maître connaissait mon amour des animaux, et bien qu’il n’était pas chaud d’accueillir un animal à ce moment de notre vie, il savait que cela me permettrait de remonter la pente. Nous sommes donc partis, presque sur un coup de tête, le sien, en quête d’un chat. Oui, voilà, tu aurais du être un chat. Mais voilà, ce n’était pas le bon moment. Pas de portée. Nous sommes allés regarder en animalerie, en se disant, on ne sait jamais, et nous t’avons vu. Blotti au fond d’une cage, avec comme compagnon de cellule un jeune berger allemand déjà bien droit dans ses bottes, qui te marchait dessus, toi la petite boule noire apeurée. Alors nous t’avons ramené, c’était une évidence, notre évidence. Même si tu n’étais qu’un chien.

Des débuts extraordinaires

Tu as été tout ce que je n’aurais jamais osé rêvé, et encore plus : calme, même en appartement, sans aucun désir de destruction, si ce n’est la petite la petite barrière qu’innocemment nous avions posée afin de séparer la cuisine de la pièce à vivre. Mon gros pataud, tu l’avais grignotée afin de te rapprocher de la porte de notre chambre et tu t’étais retrouvé la tête coincée dedans …

Rapidement, tu as trouvé tes marques : la tête dans des chaussons, debout sur le dossier du canapé, couché à nos pieds, sur le clic-clac du bureau, auprès de nous, toujours. Mais je sais tu n’étais qu’un chien.




Une place à part entière

Très vite, malgré le fait que tu n’étais qu’un chien, tu as trouvé ta place dans cette famille. Nous ne te laissions jamais. Ce n’était pas un choix, mais une évidence : la plage où tu combattais vaillamment les crabes sauvages, les randonnées durant lesquelles tu râlais que nous n’allions pas assez vite (j’avoue avoir eu envie de te transformer en saucisson ou en jambon, alors que mes jambes refusaient de faire un pas de plus). Même si tu n’étais qu’un chien.




Une relation à double sens

Rapidement, je me suis mise à remonter la pente. Après avoir tenté de t’apprendre les rudiments du dressage, avec un succès relativement mesuré (tu étais sans doute le seul chien qui, lorsque tu devais rester couché et me regarder m’éloigner sans bouger, se mettait à ramper et s’arrêtait dès que je me retournais, dans un remake fort réussi d’un, deux, trois soleil !), nous avions décidé que ce qui te convenait le mieux, c’était l’apprentissage de l’inutile : apprendre à faire des bisous, le beau, le check de patte, l’éternuement à la demande…. Nous excellions à rester nous deux, des heures, à s’apprivoiser.

Notre emménagement à Tournefeuille aura été une véritable aventure : tu adorais entrer et sortir de la maison, en sautant par la fenêtre de notre chambre.

Tu as amplifié cette relation protectrice lorsque j’attendais Matthieu. Tu détestais lorsque nous haussions le ton, Olivier et moi, t’interposant lorsque tu sentais une tension s’installer. Même si tu n’étais qu’un chien.

Le chien de la famille et des enfants

L’arrivée des 2 gnomes n’aura rien changer à ta place : tu les as adoptés comme étant tes 2 petits d’hommes, sans aucune distinction : Matt, tout d’abord, qui te courrait après dans son trotteur, tentant de te toucher et toi t’esquivant au dernier moment, des heures durant. Solenn, ensuite, véritable mémère poule à son toutou, toujours à te soigner, te caresser, te donner à manger. Tu leur manques terriblement, mais ta petite n’est pas si triste, car tu es dans le ciel l’étoile qui brille le plus : elle sait qu’un jour nous serons tous réunis, et que pour l’instant tu ne fais que garder la maison d’en haut en nous attendant. Même si tu n’es qu’un chien.

Un manque qu’il me faut apprendre à combler

Aujourd’hui, je crois que tu serais fier de moi  je ne pleure plus le matin en montant dans ma voiture. Les serviettes sont toujours sur la banquette arrière et j’arrive à regarder ta laisse. Je pleure toujours le soir en arrivant à la maison, mais je sais que cela passera. Je continue de te voir dans chaque détail de mon quotidien, c’est ce qui est difficile : la dernière tartine que je ne pourrai plus te donner, la main qui traine le soir au bord de mon fauteuil et contre laquelle tu ne viendras plus te frotter, la truffe qui ne viendra plus me renifler dès 6h00 pour sortir, nos concours de celui qui détournerait le regard le premier que tu gagnais toujours en trichant honteusement en me gratifiant d’un coup de langue odeur poubelle dont tu avais le secret.

J’ai encore en tête des phrases qui tournent (le cœur ralentit) et me font immanquablement monter les larmes (voilà, c’est fini) aux yeux. Je sens ton dernier coup de langue comme ultime adieu sur ma main, j’ai le poids de ta tête morte sur ma cuisse, ta chaleur qui s’efface.

Je te demande pardon de t’en avoir voulu de ne plus avoir envie de te battre, de ne pas avoir compris que tu ne pouvais plus et non que tu ne voulais plus.

Mon beau, mon gros, mon affectuo-dépendant, certains m’ont dit que tu n’étais qu’un chien. Ils ont tort : tu étais MON chien.

Merci pour tout…

Stéphanie

Titou : 18-12-2004 / 04-08-2018

8 thoughts on “Salut mon gros chien

    1. Stéphanie Post author

      j’ai pensé à l’aboyeur ce matin, je sais que tu me comprends. Merci

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    1. Stéphanie Post author

      tu sais, comme un symbole, tu es la dernière personne « nouvelle » qu’il ait rencontrée. Pour moi, du coup, notre rencontre a aussi cette saveur <3

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  1. Ragnagna

    C’est tellement difficile de réapprendre à vivre sans eux alors qu’en 1h, voir au moment même où on part les chercher, ils sont chez nous et dans notre coeur comme une évidence de toujours. Et c’est d’autant plus dur quand comme Titou ou chez moi Plume ils ont traversé une grande partie de notre vie, de jeunes couples à parents.
    Je comprends pas les gens sans empathie face à la perte d’un ami comme peut l’être un animal de compagnie. C’est un lien très fort, une complicité de tous les jours, un membre de la famille à part entière.
    Plein de courage à toi 💞

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    1. Stéphanie Post author

      Merci beaucoup. Je me souviens lorsque tu avais annoncé la disparition de Plume, j’en avais pleuré aussi. Un membre à part entière dont le vide est tristement présent

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  2. Nathalie

    Et voilà j’ai les larmes aux yeux
    Tes mots dont si vrais, nos animaux font partie intégrante de la famille et savent si bien nous le rendre.
    Des bisous de soutien, courage à vous.

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