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By | 19 décembre 2018

23h48. je traîne devant l’ordinateur, un peu de musique dans les oreilles – Tracy Chapman me demande de lui parler d’une révolution, moi qui vis dans une routine qui me rassure et me convient pas si mal que ça.

Ne pas dormir

Il est presque minuit et demie, et je n’ai pas envie d’aller me coucher. Je tourne, je vire, je suis allée rejoindre l’Ours, mais le sommeil veut pas de moi, tu dors depuis longtemps. Je suis repartie dans le salon, une couverture, ma liseuse et mon oreiller sous le bras. Le casque sur les oreilles, Tracy Chapman me demande de lui parler d’une révolution, moi qui n’arrive même pas à changer mon quotidien.

 

Je retarde le moment où j’éteindrai pour ne pas avoir l’envie de demander à la Lune pourquoi je ne ferme pas les yeux sereinement, pourquoi le marchand de sable ne passe plus. Ce n’est qu’une demie-lune dehors, peu importe, je me contenterais d’une demie-réponse, mais elle est muette. Et hormis me filer les chocottes avec ses rayons qui se mirent dans les lambeaux de brouillard, elle n’est pas très loquace.

Une relation compliquée

Le sommeil et moi, ce n’est pas une relation simple. Je t’aime moi non plus, depuis aussi loin que je m’en souvienne. Et je critique ma fille, les chiens qui ne font pas des chats, on ne va pas revenir dessus.

J’ai la chance de ne pas avoir besoin de beaucoup de sommeil, mais un minimum, honnêtement, ça me manque. 4h30/5h, pour que je ne m’endorme pas dans les bouchons. Actuellement, je tourne plutôt vers les 3h30/4h. Il m’en manque un peu. Coup de chance, il n’y a pas trop de bouchons.

Il y a de cela 6 ou 7 ans, j’avais vécu des périodes violentes d’insomnie m’ayant conduit à plusieurs malaises d’épuisement. je n’en suis pas encore là, je sais que je suis dans un cycle bas, mais il ne durera pas.

Je ne veux pas me coucher pour les cauchemars qui reviendront inévitablement. Pour ce cœur qui s’accélère jusqu’à manquer une sortie de piste. Pour cette impression de terreur dans laquelle je ne peux bouger, où ma respiration devient hachée, où j’ai l’impression de ne plus rien maîtriser, où je subis les images que mon inconscient me balance en pleine face. Je tente d’appliquer mon petit rituel (énumérer les membres de la famille, les personnes qui me touchent, puis supercalifragilistiqueeplidelilicieux  pour reprendre le contrôle. Parfois ça fonctionne, parfois non. La paralysie du sommeil est la plus forte en ce moment.

Et puis, en retrouvant l’usage de mes membres, je me blottis contre l’ours, son corps faisant rempart à mes terreurs. Je me calque sur sa respiration, je laisse mes muscles se relâcher.

Mais ce soir, c’est trop compliqué. Je ne lui imposerai pas mes saltos avant/arrière/demi-tour/volte/. Je le laisse dormir, lui que je vois à peine 30 mn tous les jours.

Ce soir, si je rêve de mon géniteur, je serai seule à l’affronter.

Il est 01h12. je vais demander  Morphée un sommeil sans rêve.
Vous croyez que c’est possible …?

 

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