Ma première nuit à Eup

Mes nuits sont souvent très occupées. Soit je ne dors pas et alors je lis, soit je dors et alors je rêve.
Pendant longtemps, j’ai tenu de petits carnets de ces moments intimes entre mon moi conscient et mes « moi » (si, si on est plusieurs, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement) inconscients.
J’ai toujours été surprise par les détails que mes « moi » inconscients se plaisent à instiller dans chaque aventure qu’ils me font vivre. Leur donnant une telle saveur qu’elles en paraissent encore plus réelles

cette nuit n’a pas dérogé à la règle, même si rétrospectivement, il faut avoir un sérieux grain pour s’être sentie plongée dans la réalité.
Mais bon, je te laisse te faire ta propre opinion quant à ma santé mentale !

Un départ mouvementé

Nous sommes le lundi 20 mai. Oui, cela va parler à quelques unes qui ont suivi. J’ai RDV en Terre inconnue. On oublie Frédéric Lopez ou je ne sais qui. Ce n’est pas une Tribu en Ethiopie ou des Mongols à cheval qui vont m’accompagner pendant 2 jours. Mais un troupeau de nains de 4/5 ans.

Mon cauchemar rêve débute alors que nous sommes en route dans le bus. Bon je t’arrête déjà. Pas question d’avoir droit à un bus ne serait-ce que normal. Non non. Je voyage oniriquement parlant en bétaillère ! imagine une centaine de gamins, tous entassés, sans ceinture, à hurler et vomir tout ce qu’ils peuvent. Avec moi au milieu. 
Le voyage se déroule je ne sais pas comment puisque, ni une ni deux, je me retrouve au centre-dans-les-montagnes (je crois que mon inconscient s’est dit que si je restais avec les images de vomitos encore 5 mn, j’allais finir par l’envoyer paître et me réveiller).

A Eup. 137 habitants au dernier recensement.

Une arrivée en fanfare

Bref, me voilà telle Heidi au milieu des pâturages à gérer une colonie de gamins plus hurlants les uns que les autres ….
Je t’explique la réalité : nous partirons à 2 classes (soit grosso modo un peu moins de 60 gamins, + 2 maitresses et 2 ATSEM + des parents (oui des parents …..).
Donc, comment se fait-il que dans mon pu…..naise de rêve, je me retrouve avec approximativement 150 gamins entrain de courir partout dans la prairie.

Une superbe prairie.

AU BORD D’UN PRÉCIPICE ABRUPT !

Et ces cons de gamins qui décident d’aller tester le saut de l’ange DEVANT MES YEUX !

Bref, sur le coup, je pense qu’on a dû en perdre un ou deux (voire 3 ou 4…. ça vole mal les loupiots quand même ….).

On rentre dans le hangar qui nous sert de dortoir.

Pour dormir.

Après avoir vu des gamins s’écraser la face contre des rochers, on décide de faire un somme. Classique.

Et ça continue ….

Et là, l’angoisse.

Il y a des lits à perte de vue. Et des gamins dedans. Des gamins sales. Pénibles. Chiants, je te jure mais alors à un point ! Et je suis la seule adulte dans le lot. Oui, alors les maîtresses, les atsems et les autres parents…. Dans mon cauchemar rêve, je te jure que je n’en ai pas vu un morceau de chemise. (bon soyons clair, ne pas voir les parents ne m’a pas dérangé plus que cela, mais les maîtresses un peu plus je te promets !). Bref, je gère tant bien que mal (enfin plutôt tant mal que bien, soyons honnête) quand soudain, Marco arrive.

Marco, ahhh Marco

Marco, tu ne le connais pas. Il s’agit, je crois, du responsable du centre où aura lieu la classe transplantée. En vrai, il ne s’appelle pas Marco, mais ça lui va bien. Et il est, dans mon souvenir, plutôt pas mal.
Enfin, soyons clair. Il est pas mal dans les souvenirs d’une femme qui n’est pas physionomiste et qui l’a vu au fond d’une salle en étant myope comme une taupe. Mais bon, tant qu’à m’inventer des souvenirs, autant qu’ils soient agréables.

Bref, Marco, qui dans mon rêve ressemblait à deux gouttes d’eau à Yannick Delpech, se pointe.


Et là, je me dis qu’enfin, je vais pouvoir RÊVER !
FANTASMER !
Voire même me régaler (mon souvenir de mes 40 ans à l’Amphitryon fait encore frétiller mes papilles).

Sauf que j’ai vraiment un inconscient vicieux.

Qui ne m’aime pas.

Marco se pointe donc en marcel et slip kangourou (oui, le mythe s’effondre d’un coup), pour nous annoncer que le petit déjeuner est servi. A base de produits locaux.

Miel ? fromage ? Pains maison ?

Que nenni gente dame ….

Du coeur de cheval.

Cru.

JE NE MANGE PAS DE VIANDE ET ENCORE MOINS DE LA BIDOCHE CRUE !!!!!

Et la horde de gamins hurlants, puants et chiants qui se précipite pour arracher à coup de canines des morceaux de ces cœurs crus, dégoulinants, sanguinolents ….

Bref, je me suis réveillée.

Vivement le mois de Mai !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.