leurs rentrées de l’an passé !

By | 3 septembre 2018

Voici un an quasiment jour pour jour que nous sommes installés dans notre nouvelle ville et nouvelle vie. J’avais dans l’idée de te raconter ma première année fonsorbaise, riche en émotions je dois bien le dire puisqu’il m’a fallu réinventer une routine, alors que j’avais passé 11 ans à peaufiner la mienne à Tournefeuille. Et puis la rentrée étant arrivée avec son lot de joie et d’angoisses, j’ai décidé de me replonger dans celle de l’an passé qui a marqué pour chacun de mes loulous un véritable virage qu’ils ont réussi plus ou moins à prendre sereinement ! Histoire de garder une trace de mon incapacité à juger l’autre au premier regard et de conserver également une trace de ces émotions particulières que je vis chaque début septembre (cela te donne une idée de mon état actuel !).

Mes questions étaient les mêmes pour chacun de mes enfants :

mon grand allait-il s’adapter ? Ses professeurs sauront-ils lui donner la confiance qui lui manque tellement ? Supportera-t-il la pression qu’il se met tout seul ? sauras-je déceler un harcèlement scolaire là où j’avais lamentablement échouer en CM2 ? Pour la petite, c’est pareil. Ou pas : la maîtresse allait-elle s’adapter à Solenn ? Solenn aura-t-elle assez confiance en sa maîtresse pour ne pas l’expédier en maison de repos dès le premier trimestre ? Supportera-t-elle la pression que lui mettra sans aucun doute la Tornade à chaque instant ? Saurais-je déceler un potentiel harcèlement scolaire là où j’ai échoué avec son frère ?

2 enfants tellement différents, un ville différente, une routine différente, mais toujours la même mère !

Du primaire au secondaire : le grand saut de mon plus tout petit

Mon tout petit n’en est plus un. Il a franchit le cap et s’est propulsé fièrement en 6ème. Dans un collège que je qu’il ne connaît pas. Mais pas totalement dans l’inconnu, car il va y retrouver son presque frère, mon presque fils : 5 ans qu’ils ne se lâchent pas à chaque vacances sans jamais avoir été dans la même classe (puisque pas dans la même école) et il aura fallu attendre un déménagement et le collège pour qu’ils se retrouvent enfin ensemble. Pauvres profs pensons-nous sa mère et moi… L’avenir nous donnera raison.

Au départ eut lieu la pré rentrée où nos 2 tournefeuillais se sont rendus collés serrés sans jamais se lâcher de plus de 2 mètres. Les mamans quant à elles étaient conviées à un petit entretien avec le principal, aussi bavard que je peux l’être en bonne compagnie. Il nous parla beaucoup. De son arrivée l’année précédente dans ce collège. De ses années en outremer et des surprises qu’il découvrait alors (les élèves galopant sur les toits pendant les cours, les normes de sécurité qui n’avaient de normes que le nom …), de sa vision du téléphone portable qu’il ne souhaiterait pas interdire mais dont il savait qu’il n’aurait pas le choix, de ce collège enfin, qu’il apprenait à connaître et à aimer. tout cela pendant près de 2 heures. J’aimais sa vision pragmatique de l’enseignement, ses valeurs aussi simples que le respect des autres dans leurs différences et leur points communs.

En sortant, il  appréhendait une professeur, la qualifiant de star des profs de math. Cette dernière eut alors un petit rictus, énonçant avec un calme déconcertant : « c’est vrai : je n’aime pas les élèves, et ils me le rendent bien ». Moi dans ma tête : la vache, elle est pédagogue la matheuse … avec le bol que j’ai, ça va bien être la prof du grand tiens ….

Et là, tu peux m’appeler Madame IR sans le MA Moitié voyante, Moitié aveugle. Car non seulement, cette charmante personne fut la prof de Mat(t)h, mais en plus sa prof principale. Et il n’aurait pas pu mieux tomber : un humour comme je les aime, une présence auprès de ses élèves à chaque instant, une disponibilité à toute épreuve… Bref, en énorme partie grâce à elle, l’année de Matthieu aura été parfaite, une transition entre le primaire et le secondaire réussie.

Et ses profs se seront évidemment arrachés quelques cheveux face à ses bavardages intempestifs avec son presque frère. Mais ça, c’était la seule certitude de cette rentrée …!

De la crèche à l’école, un pas de géant franchi en sautillant par ma tornade

Pour ma Tornade, ce fut plus compliqué à vivre. La pré rentrée avait eu lieu de manière somme toute classique. Pas de crainte, un bon contact avec la directrice de l’époque. J’étais en partie rassurée. Une partie qui va vite s’effriter en constatant que la directrice en question n’était plus là à la rentrée effective, et qu’en prime tout le dossier du PAI de Solenn avait disparu (un trophée conservé peut-être par madame ex-directrice ? vu mon écriture merveilleuse, je ne vois que cela) mais également la fiche de renseignement, l’attestation d’assurance, le dossier pour l’ALAE…. A moi les dossiers à remplir en urgence, EN URGENCE !!! moi qui attends toujours le dernier rappel pour payer la cantine/les laboratoires/ les impôts / l’eau … et là on me demande tout DANS L’URGENCE ! bref, je n’ai même pas râlé, résignée que j’étais …

Le jour J, Olivier n’a pas pu venir avec moi puisque le grand avait sa propre rentrée aux mêmes horaires. Et La tornade ne pouvait concevoir de faire la rentrée sans moi, donc nous voilà parties les 3 générations de filles, main dans la main dans la main, affronter cette première rentrée.

Et là, c’est le drame. Des meutes de parents, bavant d’être les premiers dans la classe, jouant qui du coude, qui du cartable, qui de l’enfant. Des cris, des pleurs, du mouvement, encore et encore. et au milieu de ce tourbillon, il y avait moi. Maman, elle, était dans son cocon : rien ne l’atteint. La tornade me broyait la main (même si des mauvais langues affirmeront qu’elles l’ont entendu à maintes reprises me demander de la lâcher), repérant tout et plus encore. Et moi qui retenais mes larmes, ma panique et mon envie de distribuer quelques salades de phalanges.  Première étape : trouver la classe. Pas de bol, je n’ai pas de GPS spécial école. On tourne, on vire, on se perd, on demande, on se reperd, on y arrive enfin (tout cela n’aura pas pas duré plus de  minutes et m’aura semblé une éternité). Et là, ce n’est plus une boule d’angoisse qui m’étreint, mais une planète de doute. Je regarde discrètement Solenn au milieu des enfants qui pleurent, s’accrochent aux mains parentales. Je me prépare à l’accueillir contre moi, j’ai déjà plein de petites phrases gentilles à lui dire, je me penche vers elle. Ouaiiiis, c’est super maman, attends je vais regarder la maison ! okaaayyyyy et moi qui me console dans tout ça ? Je m’avance vers celle qui aura la rude tâche de supporter survivre gérer mon bondissant ouragan : la Maîtresse. Quelques mots échangés, surtout pour l’allergie de Solenn, un papier que je remplis à la va-vite et je retourne voir poupette. C’est le moment, je dois partir. Autour de moi ça pleure (beaucoup), ça renifle (bruyamment), ça mouche (dans le kleenex ou dans la manche). Je m’approche le cœur au bord des yeux. C’est bon maman tu peux partir hein ! fille ingrate.

Maman et moi ressortons, je pleure tout ce que je peux. Je ne le sais pas encore, mais je vais avoir la confirmation de ma vie : Non, je ne peux changer de voie professionnelle et devenir voyante : Maman, t’en penses quoi de la maîtresse ….? Je la sens pas moi …. Je me suis déjà plantée dans ma vie, mais à ce point jamais !

Aujourd’hui, elle a fait sa deuxième rentrée ma tornade, à nouveau avec sa maîtresse. Et si tu avais vu les étoiles dans ses yeux ce matin quand elle l’a vue, tu aurais alors compris pourquoi, moi, l’angoissée, suis aussi heureuse que ma fille.

 

Stéphanie

 

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