le syndrome du dentier honteux

By | 22 juillet 2017

Les problèmes dentaires, c’est mon dada. Mon Hobby. Ma marotte. Ma croix. Mon boulet. Ma malédiction. Mes dents s’autodétruisent plus vite que la cassette envoyée à Jim Phelps. J’ai des poches infectieuses qui mangent l’os de ma mâchoire. Et possède autant de couronnes que toutes les reines et rois d’Europe et d’ailleurs. Cependant, une couronne n’est faisable qu’avec des dents pour se poser dessus, et lorsque ce sont 3 dents qui ont explosé en plein vol, le choix est assez limité : soit implant, soit …. appareil. Et c’est là que mon syndrome du dentier honteux entre en scène.

Un dentier à mon âge?

A partir de ma canine supérieure droite, je n’ai plus de dent jusqu’à la dernière molaire, soit 3 chicots envolés dans d’atroces souffrances. Des implants pourraient être envisagés, mais outre le fait que je n’ai pas encore l’aval de l’implantologue, je n’ai pas encore d’acheteur pour mon rein droit, ma cornée gauche et ma cellulite (oui, j’essaie de la refourguer à toutes les occasions celle-là) pour financer le projet. Cependant, il n’était pas envisageable de rester sans ratiche, mon sourire en souffrirait autant que ma gencive (enfin, surtout la gencive, sinon j’étais prête à tirer la tronche jusqu’à ce que mort s’en suive). De fait, la dentiste de mon cœur m’a proposé une prothèse provisoire de 3 dents. Un valplast, tel est son petit nom, est une résine qui tient entre 2 dents, de couleur gingivale et qui permet de palier l’absence de mes 3 chicots.

Dit comme cela, ça claque. mais la réalité, c’est que c’est un dentier. Pas entier – 3 dents – mais un dentier tout de même. Un râtelier. Des fausses dents amovibles.

Mal le vivre ou bien le subir ?

Depuis que je l’ai, j’avoue, j’ai du  mal à le supporter. Il y a des douleurs, rien d’insurmontable toutefois pour celle qui fait la plupart des soins dentaires sans anesthésie. De la gêne. Des grattements. Des pincements…. Bref, des prétextes pour ne pas le mettre.

Ce matin, j’ai pris la décision de le mettre. Avec sérieux. Afin de m’habituer à lui et de lui laisser s’habituer à moi. Ainsi, mue par je ne sais quel instinct, me voilà devant le rayon des crèmes adhésives pour dentiers de vieux, râteliers pour vieilles appareils amovibles.

Et là, c’est le drame…

La tête dans des dizaines de tubes aux noms les plus alléchants les uns que les autres (fixodent, polident, crème adhésive extra forte, anti bactérienne, anti pue-la-gueule – ou un truc dans le genre ….), les oreilles soûlées des sons improbables crachés par mon ipod dont le volume était exagérément poussé à fond, afin de couvrir la honte qui s’étale déjà sur mon visage, je saisis un par un les tubes. Et je me sens paumée. Mais également épiée. Ma honte pudeur me pousse à faire comme si de rien était, jusqu’à ce qu’une main ridée vienne me tapoter l’épaule. Celle là n’est pas terrible, elle pique, me dit la bouche appartenant à la main qui me tapote. elle-là, elle n’est pas très bonne, par contre celle-ci, elle est parfaite, tenez, prenez là, vous m’en direz des nouvelles !

La leçon d’un sage

Et c’est avec toute l’assurance de son âge, qu’un papy de près de 90 ans me fourra un tube dans le caddie, après que je lui ai bafouillé un merci couleur tomate, empli de la gène qui est la mienne à ce moment.

On apprend toujours des anciens. Ils sont notre mémoire.

Mais putain, se faire conseiller une crème pour son dentier, ça, j’ai du mal !!!

Et le pire, c’est que cette crème est vraiment épatante…

 

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2 thoughts on “le syndrome du dentier honteux

  1. NATH

    J’adore cette auto dérision qui pique …mais moins que la crème que tu as failli acheter . Et vive les vieux !

    Reply
    1. Stéphanie Post author

      ce qui pique c’est le râtelier surtout 😀
      Merci Nath <3

      Reply

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