la fin de toi

Ils se sont rencontrés il y a presque 20 ans. Le coup de foudre, celui des films. Quand ses yeux se sont posés sur elle, il a su. Quand son regard a croisé le sien, elle a compris.

Ils ne se sont plus quittés.

Ils se sont aimés. Jamais lui sans elle. Jamais elle sans lui.

Ils emménagent, rapidement, font l’amour, souvent. Se disputent, rarement. voyagent, un peu.

Se couchent tard, se gavent de films, de séries. Vont au ciné autant qu’au restau. Se lèvent à midi, se couchent à l’aube.

Lisent ensemble. Se parlent, longuement.

Déménagent. une fois, deux fois. Prennent un chien. Se tiennent la main, toujours. Rient, beaucoup. Pleurent, un peu. S’aiment, passionnément.

Elle s’apprête pour lui, souvent. Il fait du sport pour elle, chaque semaine. Elle se maquille, il taille sa barbe. Ils sont beaux.

Elle pleure souvent, sur son épaule. Il l’entoure souvent, laissant son épaule s’imprégner de ses larmes.

Puis ils travaillent, beaucoup. Trop parfois.

Ont des enfants.

Se couchent plus tôt, se voient moins. Ne dorment plus beaucoup, parfois même, plus ensemble.

Se disputent plus souvent. Elle pleure toujours, mais seule. Il rentre plus tard, ne parle plus trop.

Elle prend du poids. Il arrête le sport. Le seul jogging est celui qu’elle porte à la maison. Elle ne fait plus d’effort. Il la regarde moins.

Ils font l’amour, encore. Parfois.

La routine.

Et puis un jour sa jeune collègue l’invite à boire un verre.

Cela fait plusieurs semaines qu’il la sent se rapprocher. Elle lui sourit. Souvent. Elle sent bon. Il aime son regard. Ses rires. Ses jupes. Sa silhouette.

Et là, deux options s’offrent à lui.

Il accepte. Une fois. Il envoie un SMS laconique l’informant qu’il rentrera plus tard. une réunion, encore. Elle n’y répond pas.

Il passe un agréable moment. Rentre chez lui. La trouve entrain de râler. le regard noir. Le ventre et les seins se devinant pendant à travers un tee-shirt sans forme. Il va se coucher. Sans un mot.

Le manège se répète. Un verre. Puis deux. Un repas. Un SMS informant d’un problème informatique, pour quelques heures hors de la maison.

Quelques jours plus tard, le mensonge franchit un cap. Il a une formation, il lui explique. 2 jours. Il ne peut pas faire autrement. En partant, il l’embrasse. Sur la joue.

Il tombe dans la passion de la nouveauté. Pendant 2 jours, ils font l’amour sans cesse, ils font des projets. Il veut quitter l’autre, elle lui dit qu’elle l’aime.

Cela dure quelques mois.

Elle comprend qu’il se passe quelque chose. Ne se bat plus.

Un jour il fait sa valise. Lui dit qu’elle gardera la maison pour les enfants. Mais ne veut plus vivre avec elle. Ne veut plus d’elle.

La passion aura eu raison d’un amour de presque 20 ans.

Ou alors il prend l’autre voie

Et puis un jour sa jeune collègue l’invite à boire un verre.

Cela fait plusieurs semaines qu’il la sent se rapprocher. Elle lui sourit. Souvent. Elle sent bon. Il aime son regard. Ses rires. Ses jupes. Sa silhouette.

Il accepte. Une fois. Il envoie un SMS laconique l’informant qu’il rentrera plus tard. une réunion, encore. Elle n’y répond pas.

Il passe un agréable moment. Rentre chez lui. La trouve entrain de râler. le regard noir. Le ventre et les seins se devinant pendant à travers un tee-shirt sans forme. Il remarque que la maison est malgré tout en ordre. Son assiette est sur la table. Il passe voir ses enfants. Ils dorment, paisiblement. Il la prend dans ses bras. Lui demande pardon.

Puis il décide de l’écouter davantage. De parler davantage. Ils se disputent, encore. Souvent. Parfois. Elle rit, un peu. Parfois. Plus souvent. Elle maigrit, il la félicite et se remet au sport. Ils sortent un peu, tous les deux. Ils sortent souvent, tous les quatre.

Le train n’a pas déraillé.

Ici c’est lui qui a eu le choix, mais cela aurait tout aussi bien pu être elle, le désespoir et l’oubli de l’autre du fait de son propre malheur n’ont pas de sexe.

Stéphanie

 

 

 

 

Une pensée sur “la fin de toi

  • 11 février 2019 à 22 h 03 min
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    Je blame les hormones mais ça m’a mis le blues. Sans doute parce que je peux vite m’identifier avec mon impression d’être sous l’eau chez moi et de plus avoir le temps pour rien de ce que j’aime hormis les enfants (sauf que la table est pas mise 😅). Des bisous

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